j'ai trois cent mille hommes de rente

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Quel texte étrange, aujourd’hui négligé ! « Ce livre vaut une armée de cent mille hommes » aurait dit Louis XVIII dont il appuya si efficacement le retour sur le trône de France. Pourtant Chateaubriand le désavoua bientôt, car la fin de son ouvrage exaltait les Bourbons dans lesquels il avait mis son espoir, espoir qui fut si cruellement démenti par les faits que deux d’entre eux, Charles X et Louis-Philippe, furent chassés à coups de fusils par un Paris hérissé de barricades et que Chateaubriand lui-même mourut opposant. La prophétie est impossible. Négligeons donc cette partie du texte. Mais quelle force dans la description de ce qu’il avait de ses yeux vu ! Quelle évocation de la machine de guerre, des ses conséquences financières, politiques, humaines surtout : l’hémorragie de la France qui perdit trois cent mille jeunes hommes par an durant quinze années. Quel tableau que celui de la traque des conscrits à travers les maquis et les bois, des sévices des gendarmes sur leurs familles pour les faire revenir et se présenter à la caserne… et tout ceci pour néant ! Là est le fort de cet ouvrage exceptionnel. Contre la marée d’admiration qui monte encore vers le génial militaire, il n’a pas été écrit de texte qui remette mieux les faits dans leur exacte lumière. J’AI TROIS CENT MILLE HOMMES DE RENTE J’AI TROIS CENT MILLE HOMMES DE RENTE